LÀ OÙ PASSE LA LUMIÈRE


+ Résidence d’artiste Occit’avenir 2019
+  Projet Photo / Vidéo / Son avec l’artiste sonore Carine Obin
+ Lycée Bergès à Saint Girons 
+ Projet soutenu par la DRAC Occitanie et la Région Occitanie













▶︎ NOTE D’INTENTION


Lever du jour, le portail grince, libérant le passage. Le bruit des corps qui se bousculent, déjà plusieurs heures pour certains que la journée a commencé. Les pas qui trainent sur un béton humide, novembre n’est pas la saison la plus ensoleillée si près des montagnes, là où les nuages s’accrochent aux sommets. Les voix se frôlent, une nouvelle semaine qui démarre, un chemin à inventer.

L’atelier de menuiserie, une grande structure de poutres en bois nous accueille à l’entrée, jouant avec les rayons de soleil. L’odeur du bois vous rattrape, dès l’entrée. Du bleu et du rouge, qui cohabitent, des couleurs franches, qui tranchent entre elles, non sans rappeler les codes vestimentaires de certains super héros. Et le bruit des machines aussi, assourdi par le port du casque qui donne l’impression de flotter dans un film. Les gestes se croisent, une main caresse une planche tout juste poncée, ailleurs c’est la scie qui découpe, alors que plus loin encore, sur une feuille volante, l’esquisse d’un croquis au crayon de bois prend forme. “On crée en fait quand on bâtit”. Fabien nous le rappelle.

Comment montrer un mur avec des mots et le raconter avec des photographies ? Des idées que les bâtisseurs de demain mêlent les unes aux autres. Parce que les murs ont de la mémoire, ils laissent passer les bruits, parce qu’ils structurent l’espace, ils deviennent aussi porteurs d’histoire, les Hommes ont besoin de leurs mains pour les élever, certains sont rentrés dans l’histoire, d’autres tombent en silence. Et puis une idée surgit, de l’une d’entre eux, Anaïs a raison, ”ça déforme tout, un mur.

Une salle de classe où des ordinateurs respirent, même en l’absence des élèves. Pascal nous attend avec les élèves de seconde, ceux qui viennent d’arriver dans l’établissement, les “nouveaux”, comme disent les terminales. Il leur pose une question, simple, mais qui demande une réponse vraie. “Qui est venu ici parce qu’il était en échec scolaire?” Des regards qui se fuient, des soupirs, puis des mains qui se lèvent. Presqu’en totalité. Peut-on, à 15 ans, accepter sans se révolter?

Comme la pierre qui résiste au ciseau du sculpteur, imposant sa matière, la jeunesse est belle, vivante et vraie.